Ce mercredi 4 décembre 2013, l’Estrade recevait à l’ESC de Toulouse Jean Lopez, fondateur de la revue Guerres et Histoire, pour une conférence sur le maréchal Joukov.

L’assemblée de 150 personnes a pu apprécier l’érudition, le talent oratoire et l’originalité des analyses de Jean Lopez. Le conférencier s’est appuyé sur des documents exclusifs qu’il a exhibés avec son co-auteur Lasha Otkhmezuri.
En particulier, il a tordu le cou à la légende propagée par la plupart des spécialistes depuis l’ère khrouchtchevienne sur un effondrement psychologique de Staline en juin 1941 lors du déclenchement de l’invasion allemande.
En fait, l’agenda de Staline montre que le dictateur communiste a débordé d’activités et supervisé la défense soviétique.

Cependant, au début du plan Barbarossa l’armée rouge s’est effondrée sous les coups de boutoir de la Wehrmacht et du manque de combativité des unités où il y avait plus de 30% d’allogènes ou plus de 50% de paysans, deux catégories victimes de la férule sanglante du « Vojd ».
Joukov a gagné la guerre grâce à une défense stratégique intelligente de Moscou en octobre-décembre 1941.
Le maréchal Joukov a ensuite était présent dans la plupart des grandes opérations militaires russes de Stalingrad jusqu’à la bataille de Berlin et la signature de la capitulation.
Il a souligné le rôle de Joukov dans la permission laissé à la soldatesque soviétique de violer 2 millions de femmes allemandes.
La salle enthousiaste a posé des questions pointues et qui ont reçu des réponses nouvelles et même définitives. Par exemple, Jean Lopez en se renseignant sur la pluviométrie catastrophique d’avril et mai 1941 en Russie montre que le plan Barbarossa n’aurait pas pu être déclenché plus tôt. En conséquence de quoi l‘intervention allemande dans les Balkans n’a pas retardé l’invasion de l’URSS et de toute manière elle n’a engagé que 3% des forces qui ont été lancées dans la bataille.

Enfin, Jean Lopez a raconté les épisodes politiques rocambolesques dans lesquels Joukov était impliqué tels que l’arrestation de Beria et le sauvetage par le Comité Central de Khrouchtchev.

L’Estrade remercie une fois encore Jean Lopez pour avoir partagé avec l’assistance ses découvertes historiques décisives.
« Joukov, l’homme qui a vaincu Hitler » est la première biographie en français du généralissime russe. Sa lecture est indispensable pour en finir avec les légendes. En effet, la particularité de cette histoire sur le front oriental est qu’elle a été écrite jusqu’à présent par les vaincus !