Loana : gloire et déchéance

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Loana : gloire et déchéance

Le nom de Loana est devenu le synonyme de la gloire rapide et sans raison recherchée par une certaine jeunesse. La téléréalité est le nec plus ultra du procès de décérébration de la population. Ce n’est pas assez qu’elle ne promeuve aucune pensée noble, il faut encore qu’elle excite tous les actes bas : médisance, trahison, voyeurisme… la liste ne peut être exhaustive, la malice humaine étant toujours inventive !

Mais le plus beau coup de la téléréalité, à ce jour, reste la fameuse scène de la piscine où Loana noyait sa vertu sous le regard concupiscent des caméras. Depuis, toutes les autres émissions ont tenté de réitérer l’opération en engageant des personnages délurés mais, hélas, trop avertis. Ils ne font plus alors qu’exposer leur désespérante vacuité.

On l’a assez dit, l’objectif des candidats de téléréalité est de se faire connaître, par n’importe quelle excentricité, au cours de l’émission pour, à leur sortie monnayer leur petite renommée. En général, les stars de la téléréalité n’obtiennent guère plus que quelques entrées gratuites dans des boîtes de nuit en mal de publicité ou un petit billet pour faire la « une » de la presse people à l’occasion d’une fausse paparazzade. Puis, ils tombent dans l’oubli et pour certain dans la dépression.

Loana a échappé à l’oubli mais ne parvient pas à quitter la dépression. Elle compte aujourd’hui près de 9 tentatives de suicides et des séjours sans nombre dans les institutions psychiatriques.

181-photo-loana-meconnaissable-a-miamiEt la téléréalité tient à user jusqu’à la corde de la curiosité malsaine qu’elle peut encore susciter. Ainsi, Matthieu Delormeau sur NRJ12 l’utilise pour monter les audiences de sa daube télévisuelle. La petite chronique qu »il lui donne est le prétexte pour que Loana apitoie le téléspectateur. Quand on a une émission sans fond, l’essentiel n’est pas l’éthique mais le pathos : il faut émouvoir la ménagère de moins de 50 ans ! Et Loana est la bonne cliente. En effet, rendue complètement hagarde par les cachetons qu’elle avale comme des céréales, elle vient sur le plateau bégayer des lambeaux de phrases. La caméra expose, sans pudeur, une jeune femme devenue obèse.

Ainsi, la téléréalité gagne de l’argent sur les candidats quand ils ont la chair fraiche et en gagne encore quand leur corps est fatigué !

Morandini qui est chargé depuis ses débuts de vider les poubelles de la télévision peut alors ramasser son petit billet en faisant des émissions spéciales sur « les stars déchues » où il parle là du suicide d’un jeune ex-candidat (FX) en quête d’identité ou de Loana à la recherche de sa ligne perdue !

L’humeur française est à la gaîté, parfois un peu moqueuse, mais pas à l’acharnement médiatique. Que la téléréalité cesse d’exploiter les dérélictions de Loana.

Hervé BOCO
h.boco@l-estrade.fr

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