Régulièrement un drame souligne le manque d’hôpitaux dans les provinces et notamment loin des grandes villes. La santé des français n’est donc plus, si elle ne l’a jamais été, uniformément assurée.

 Le drame c’est que cette injustice sanitaire touche d’abord les personnes les plus fragilisées : milieu défavorisé relégué dans le périurbain et même le perirural, personnes âgées des campagnes, etc.

En plus le secteur privé de la santé conduit aux mêmes ségrégations.

Ainsi, l’association de consommateurs UFC- Que choisir, a établi une carte de la « fracture sanitaire ». 28% des Français ne disposent pas à proximité de chez eux (moins de quarante-cinq minutes) d’un pédiatre au tarif remboursable par la sécu. Le pourcentage monte à 45% pour un ophtalmologue et à 54% pour un gynécologue.

Le thème de la désertification sanitaire a été très débattu lors de la primaire socialiste. Les conclusions étaient qu’il fallait aider à l’installation des médecins débutants dans les zones à faible densité médicale.

Cependant, il est très difficile de mettre en application une telle mesure si l’on ne renforce pas l’attractivité de ces zones : place de crèches, moyens de transport, et aussi centres de loisirs et activités culturelles.

Aussi, l’absence d’hôpitaux traduit un vieux mal français, présenté en 1947 par Jean-François Gravier dans son livre « Paris et le désert français » : celui de l’absence de politique d’aménagement réellement audacieuse des territoires.