Van Cliburn un génie sombre qui éclaira nos vies

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Van Cliburn un génie sombre qui éclaira nos vies

Sa figure enfantine, son sourire radieux et sa victoire à 23 ans au premier concours Tchaïkovski organisé par l’Union soviétique avait redonné confiance à l’Amérique dans son destin. En 1958 au moment de sa victoire, les Etats-Unis semblaient définitivement surclassés par la Russie communiste qui saluait la terre depuis l’espace avec le petit satellite Spoutnik. L’éclat planétaire de sa victoire lui vaut le triomphe du « ticker-tape parade » de New York réservée aux héros nationaux. La foule en délire couvre cet homme grand et timide de fleurs et de hourras.

Van Cliburn, que l’histoire a saisi dans l’iris de sa jeunesse, vient de s’éteindre à 78 ans des suites d’un cancer des os dans sa grande maison de Forth Worth.

Cet immense pianiste mettait une passion dévorante dans ses interprétations. Sa fougue visible et impressionnante en raison de sa haute stature et de ses larges mains était cependant équilibrée par une retenue un rien mélancolique. Ses productions dans Tchaïkovski ou Rachmaninov emportent la décision par un-je-ne-sais-quoi de discret, là où les autres abusent d’un brio qui ressortit à de l’exhibitionnisme.

Van Cliburn qui s’était retiré du monde à la fin des années soixante-dix nous laisse à jamais ce rayon de jeunesse qui porte haut les cœurs !

Hervé BOCO
h.boco@l-estrade.fr