L’Obama français

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A quand un Obama français ? Depuis l’élection de Barack Obama en 2008, cette question revient chaque fois que l’on veut souligner le retard de la société française dans l’intégration des populations noires en France.

Ce qui prouve bien plutôt l’ignorance de notre histoire. Jusque dans les années soixante la France était en avance dans l’émancipation des droits politiques des hommes de couleur. Et l’Obama français n’est pas à chercher dans l’avenir mais à redécouvrir dans notre histoire.

Il s’appelait Gaston Monnerville. Il a été pendant 21 ans le président de la haute chambre du parlement. Son opposition au général de Gaulle lors du référendum sur l’élection du président de la république au suffrage universel l’a fait connaitre du grand public. Son mot de forfaiture avait marqué les esprits. Il renonça quelques mois avant le départ du général de Gaulle à la présidence du Sénat. Ainsi, à quelques mois près il a failli être le premier successeur du général de Gaulle à la tête de l’état, fût-ce à titre provisoire.

Il a été jeune étudiant brillant au lycée Fermat à Toulouse à partir de 1912. Puis il a poursuivi des études d’avocat et s’est inscrit au barreau de la Ville Rose en 1918. En 1927, il est élu président de l »Union des jeunes avocats à la cour de Paris (UJA de Paris). Parallèlement, Gaston Monnerville collabore en tant que journaliste avec la station Radio Tour Eiffel.

Il rentre au Palais Bourbon en 1932 comme député radical de la Guyane. Il est réélu en 1936.

Dans les troisième et quatrième gouvernements de Camille Chautemps, il est sous-secrétaire d’État aux Colonies en 1937 et 1938.

Pendant l’Occupation il entre dans la résistance et appartient à l’élite politique française après la Libération.

Il est dommage que faute de connaissances de son histoire, la France aille chercher des modèles outre Atlantique alors qu’elle les a chez elle. Ces modèles sont vus avec admiration par les autres peuples. Qui connaît par exemple cet autre homme de couleur qui a été le chef d’état-major des armées de la Révolution et que ses ennemis terrifiés appelaient « le diable noir » ? Dégouté d’ailleurs par les massacres en Vendée, Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie, dit le général Dumas, démissionne de son poste de commandant en chef des armées de l’Ouest et part servir dans l’armée française qui investit l’Italie. Son fils est plus connu, c’est l’écrivain Alexandre Dumas !

Hervé BOCO
h.boco@l-estrade.fr

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Président de l'Estrade la Parole Forte