Chaque art a ses incontournables grandioses, mythiques et irritants ! Le péplum représente exactement cela pour le cinéma. Dès l’origine, le péplum popularisa le cinéma et devient un genre à part entière où s’illustrèrent les plus grands réalisateurs depuis Méliès à Mankiewicz en passant par  Cecil B. DeMille et Fellini.

Il mobilisa toujours la pointe de la technologie cinématographique et marqua à jamais les esprits par la flamboyance que lui permirent le cinémascope et le technicolor dans les années cinquante et soixante. La recette d’un bon péplum est connue :

  • Un sujet antique de la Rome, de la Grèce, de L’Egypte ou de la Bible.
  • Un manichéisme fort avec des héros marmoréens et des méchants bien identifiés et détestables à souhait.
  • Des héroïnes à la sensualité incandescente, lascives mêmes (Rita Hayworth, Elizabeth Taylor, Sophia Loren, Gina Lollobrigida, Joan Collins).
  • Des décors monumentaux et somptueux, surchargés, kitchissimes. Des armées de figurants.
  • Des effets spéciaux saisissants : une mer qui se sépare en deux ou la fameuse course de chevaux dans Ben Hur.
  • Une pincée de surnaturelle, un peu d’humour, quelques sous-textes érotiques qui échappent à la censure si collé-montée d’Hollywood.

Les chefs d’œuvre que l’on peut citer sont « Les Dix commandements », « Quo Vadis », « Cléopâtre » avec Elizabeth Taylor, « La chute de l’empire romain », ou encore « Spartacus ».

Le genre invite à la rêverie et donc est assez mal traduisible dans notre époque actuelle, celle du zapping. Aujourd’hui les films empruntent leur rythme aux clips vidéo de MTV. Donc une succession rapide de plans tient lieu de respiration interne ! Et c’est pourquoi, même le succès de Gladiator n’est qu’un phénomène isolé qui n’annonce pas une résurgence de la mode des péplums. En plus, il faut pour ce type de film des stars inapprochables, des dieux grecs, des héros à la patine shakespearienne comme Richard Burton, Charles Laughton, Laurence Olivier, Peter O’Toole, ou le sculptural Steeve Reeves. Les vedettes d’aujourd’hui manque trop de mystère et veulent trop ressembler aux mannequins commerciaux : c’est rédhibitoire pour ce genre qui nous laisse, par ailleurs, d’excellents témoignages de l’âge d’or d’Hollywood.

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