enaCracher dans la soupe est très vilain, surtout quand on jouit pleinement de tout ce qu’elle offre ! Olivier Saby sort de l’ENA et raconte ce qu’a été sa scolarité dans un livre titré « Promotion Ubu Roi », sous- titré « Mes 27 mois sur les bancs de l’ENA ».

A sa décharge, il n’y multiplie pas les propos aigres et il ne n’avance pas non plus des projets de réformes « il y a qu’à faut qu’on » (ce qui ne cesse pas depuis la création de l’école au lendemain de la seconde guerre mondiale).

Le livre est très intéressant car il offre une plongée dans le règne du conformisme et de la préoccupation du classement de sortie qui détermine toute la carrière. Ainsi, un ancien énarque à la retraite déplorait, au dire de son épouse, à quelques jours de son décès les quelques points qui lui ont fait manquer l’inspection générale des finances !

Plusieurs des étudiants se projettent dans le ministère et refusent des plaisanteries potaches qui pourraient être, le jour venu, retenues à charge contre eux. C’est terrible d’être vieux dès 20 ans ! Mais en même temps ils sont promis à former l’élite économique et politique du pays. Certains déplorent que le collège électoral ne soit pas réduit aux polytechniciens et aux énarques. Un haut fonctionnaire n’a-t-il pas dit en son temps au premier ministre Edith Cresson « Madame, la France c’est 2000 personnes ». La décision qu’elle prit alors de translater l’école à Strasbourg avait soulevé la bronca. Comment osait-on les éloigner du site où s’exerce le pouvoir d’état ?

N’oublions pas aussi que les deux plus grandes écoles Polytechnique et l’ENA ont été créées par deux généraux Napoléon et de Gaulle qui recherchait plus des exécutants diligents que des penseurs iconoclastes, ils l’étaient assez pour tous !

C’est le sort commun de tout système de promouvoir des gens qui lui correspondent, qui sont formatés. Maintenant pour l’ENA, il y a une certaine diversité des parcours avant l’entrée dans l’école. Et c’est la formation antérieure qui garantit l’excellence des étudiants. L’ENA est chargé de leur donner la ductilité nécessaire au service de l’Etat.

Hervé BOCO
h.boco@l-estrade.fr

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