Le Politburo

Le Politburo

0 699

Les manœuvres d’appareil qui sont si souvent dénoncées dans les partis actuels n’ont pas la saveur de celles du Politburo du PCUS. Cette institution a fait les délices des kremlinologues. Tout d’abord, la hiérarchie y était subtile : il y avait au sommet le secrétaire général, puis les secrétaires membres du Politburo, puis les membres de plein exercice, puis les membres suppléants, puis les membres candidats, puis les membres invités (secrétaires de républiques ou ministres importants (affaires étrangères, KGB)).

Ensuite, la place officielle ne révélait pas l’importance réelle des membres. C’est pourquoi les spécialistes passaient des heures à scruter les photos pour déduire de l’ordre d’arrivée derrière le secrétaire général la place de chacun.

Cependant cet organe, de haut vol, sous Lénine n’a fait que décliner pour être le refuge de cacochymes nullissimes intellectuellement.

Staline_portraitLénine et Staline vivaient et travaillaient au milieu de livres. Khrouchtchev lisait encore les journaux. Brejnev était entouré de téléphone. Si les pères du système russe était de grands intellectuels qui écrivaient leurs propres discours avaient une articulation philosophique, leurs lointains épigones lisaient platement les notes sans saveur rédigées par tout un circuit de bureaucrates. Les anecdotes foisonnent à ce sujet. Comme cette fois où Brejnev s’étonnait devant son auditoire mal à l’aise du fait que son discours a été deux fois plus long que prévu : il ne s’était pas aperçu qu’il l’avait lu deux fois !

Cependant, le Politburo régnait sur un immense empire. Pour accéder à cet Olympe il fallait donc, n’ont pas avoir des qualités exceptionnelles, mais être conforme aux exigences de ses supérieurs donc être terne, technique sans envergure. C’est comme cela que les Souslov ou les Tchernenko grabataires ont pu passer pour des oracles dans ce cénacle.

politburo_chineCette fossilisation de cette instance est le propre de tout système. Un système est créé par une personnalité hors du commun, puis se respectabilise, puis promeut des hommes de grisaille, puis s’effondre quand il n’en peut plus mais…

Il en est ainsi d’Ivan le Terrible à Nicolas II, de Richelieu à Calonnes, de de Gaulle à un jour le dernier des présidents de la 5ème république…

Articles sur le même thème

0 597

0 401

0 1067