Le libéralisme libertaire

Le libéralisme libertaire

liblib« Alors sera venu le temps de toute chose ». Cette sentence de l’Ecclésiaste console les philosophes de l’injustice de leurs contemporains. Les vérités de Michel Clouscard sur notre société apparaissent enfin, à tous, dans leur affreuse crudité !

Le néo-kantisme des gloires de son époque – Foucault, Sartre, Beauvoir, Bourdieu, Baudrillard, Lévy-Strauss, Lacan – n’est plus opérant. Chacun de ces sommités s’est fait un nom, a acquis droit de cité, et est devenu l’oracle des intellectuels labélisés « Science Po » en s’échinant à décrire un élément statique et anhistorique de la réalité. Cette caste a créé le culturo-mondain où la promotion de soi par le marketing et la cooptation des pairs obvient le procès socialement risqué de la production.

Le livre « Critique du libéralisme libertaire » explique comment l’authentique savant a laissé la place à l’animateur, comment le bourgeois de l’avoir est masqué par le gestionnaire.

La montée des couches moyennes est le vecteur ontologique de transmission du libéralisme libertaire : la tertiarisation permet d’occulter le principe de réalité. L’idéalisation bourgeoise (sous toutes ses formes philosophiques, psychanalytiques et sémiologiques) s’appuie sur les Lumières pour donner comme ultime objectif les jouissances les plus archaïques. Seul Rousseau parmi les penseurs du XVIIIème siècle s’est frontalement opposé à cette dérive possible où se sont précipités les libertins de l’Ancien Régime et les idéologues du désir de la modernité. Le contrat social établit l’Autre en citoyen : il n’est pas un objet de nature, lieu de la jouissance mais un sujet politique, lieu de l’échange.

La lecture de ce livre est précieuse pour tout honnête homme qui veut se déprendre de la fausse quête d’identité de l’époque pour rechercher la chose la plus difficile au monde d’après Montaigne : être soi !

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